La présence du coach : ce que personne ne vous a dit pendant la formation

À l'issue d'une formation en coaching, vous disposez d'outils, de modèles et de cadres théoriques. Le modèle GROW, l'écoute active, les questions percutantes, les niveaux logiques. Tout cela est précieux. Tout cela est indispensable.
Puis vient la première véritable séance, avec un vrai client, et on se rend compte que les outils ne suffisent pas tout à fait. Qu'il y a autre chose, quelque chose de moins tangible, qui fait toute la différence. Ce « quelque chose », c'est ce que nous appelons la « présence de coaching ».
Qu'est-ce que la présence de coaching, exactement ?
La présence de coaching désigne la manière d'être du praticien au cours d'une séance. Il ne s'agit pas de ce qu'il fait, mais de la façon dont il est. La qualité de son attention, sa relation à l'autre, sa capacité à adopter une attitude peu directive, sans juger, conseiller ni orienter, tout en maintenant fermement la structure du processus.
Il s'agit là d'un rôle fondamentalement différent de celui d'un formateur, d'un consultant ou d'un clinicien. International Coaching Federation, instaurer un climat de confiance et de sécurité et faire preuve de présence sont deux des huit compétences essentielles d'un coach certifié.
La présence ne s'apprend pas, elle se cultive
Voici ce que les programmes de formation mentionnent rarement de manière explicite : la présence ne s'acquiert pas à partir d'un manuel. Elle se développe au fil de séances répétées, grâce à la supervision et à la volonté de se confronter à ses propres réactions intérieures.
Le chercheur Donald Schön a décrit ce processus à travers le concept de la praticien réflexif: le professionnel qui n'apprend pas avant d'agir, mais en agissant et en réfléchissant à ce qui s'est passé. C'est précisément ainsi que se développe la présence de coaching.
Ce qui sape discrètement la présence sans que vous vous en rendiez compte
Il existe des habitudes très courantes qui sapent la présence du coach sans que celui-ci s'en rende compte. L'envie de rassurer lorsque le client doute. Le réflexe de donner des conseils lorsque la solution semble évidente. Le malaise face au silence qui pousse à combler le vide. La tendance à vouloir résoudre les problèmes plutôt qu'à accompagner.
Ces habitudes sont humaines. Elles découlent souvent d'une générosité sincère. Mais elles déplacent le centre de gravité de la séance : au lieu de rester centré sur le client, celui-ci revient vers le coach.
Ce que cela change dans la pratique quotidienne
Travailler sa présence, c'est aussi apprendre à noter ce qui s'est passé après chaque séance. Pas seulement ce qu'a dit le client, mais aussi comment vous avez réagi, les moments où vous avez eu du mal à adopter une attitude peu directive, et ce qui vous a particulièrement marqué. Ce journal de réflexion est l'un des outils les plus sous-estimés pour le développement professionnel d'un coach.
Humavio a été conçu pour favoriser ce type de réflexion. Non seulement comme un espace de suivi des clients, mais aussi comme un espace de mémoire professionnelle destiné au praticien lui-même.